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Comment déstigmatiser la santé mentale?

Posted by Cassandra Popescu on February 08, 2019
silhouette of woman playing piano

Avertissement de contenu : Cet article contient du contenu potentiellement perturbant, incluant des mentions de défis reliés à la santé mentale et du suicide.

 

Une étude britannique se concentrant sur la santé mentale des professionnels de l’industrie musicale a révélé que 70 pour cent des créateurs de musique ont fait l’expérience d’une forme de problème de santé mentale. Bien qu’il y ait plus d’ouverture à propos de la santé mentale, plus de la moitié de ces professionnels de l’industrie musicale ont indiqué qu’ils n’avaient pas reçu de traitement ou qu’il était difficile de trouver de l’aide. Il est temps de commencer à considérer la santé mentale comme une priorité et une partie intégrale de notre santé globale.

Nous avons demandé à des membres de notre communauté musicale ce qui peut être fait pour continuer les conversations entourant la santé mentale, et comment offrir de l’aide à ceux qui vivent des difficultés.

Comment déstigmatiser la santé mentale?

Mike Schwartz, musicien/coach de bien-être

Entamer la conversation et parler de santé mentale est un bon début pour la normaliser, mais à présent, il est temps d’investir dans les solutions.

Nous avons besoin de plus d’ateliers pour autonomiser notre communauté afin qu’elle puisse mieux gérer les problèmes de santé mentale, d’un meilleur accès et de financement pour les professionnels de la santé proactive dont les pratiques font une différence dans la vie de notre communauté musicale, et surtout, il faut faciliter les partenariats avec ces professionnels au niveau communautaire.

Bien sûr, inclure de l’information à propos de la santé proactive dans le circuit des festivals, dans les camps de développement artistique et dans les conférences musicales est super, mais si nous pouvons fournir les outils nécessaires à une toute nouvelle génération de musiciens, nous avons une meilleure chance de déstigmatiser la santé mentale.

Carmen Elle, musicienne/port-parole en santé mentale

Je crois qu’il est important de parler, mais il est également important d’écouter. Il y a tant de moments où de juste avoir quelqu’un qui m’écoutait sans tenter d’offrir de solution facile m’a immensément aidée.

Parfois, le désir d’aider quelqu’un peut en fait les faire se sentir plus invisible, alors j’encourage les alliés de ceux qui vivent des problèmes de santé mentale de demeurer proche de la douleur de leurs amis, proches ou partenaires, et de leur montrer que ce qu’ils ressentent n’est pas effrayant ou trop à endurer. C’est là où l’amour est vraiment.

 

X ARI, musicienne/port-parole en santé mentale

Nous pouvons déstigmatiser la santé mentale en encourageant les discussions ouvertes à propos de ce sujet. Nous pouvons remettre en cause les idées fausses en parlant de nos propres expériences et par conséquent, en laissant savoir aux autres qu’ils ne sont pas seuls dans ce processus. Nous pouvons afficher nos émotions plus librement. Nous pouvons partager nos histoires publiquement lors des journées importantes reliées à la santé mentale et contribuer à la cause en faisant des dons à des organisations en santé mentale qui ont un impact.

 

Wali Shah, rappeur/artiste de spoken word

Après qu’une enseignante m’ait fait découvrir la poésie de Tupac Shakur au secondaire, j’ai été inspiré. Mon enseignante, madame Riley, m’a encouragé et a cru en moi. C’est tout ce que j’avais besoin d’entendre. J’ai pu explorer ma propre histoire sur qui j’étais et partager mon talent. J’ai pris mon histoire, mes expériences et mon anxiété pour créer de la poésie à laquelle les autres pouvaient s’identifier.

Je rejoins désormais d’autres jeunes. Peut-être que quelqu’un pourra se reconnaître dans mes mots et mes récits, et je pourrai être un mentor comme madame Riley l’a été pour moi. Car déstigmatiser la santé mentale n’est pas qu’une question d’argent amassé. Il s’agit d’être un ami, un mentor. De se soucier des autres et d’avoir de l’empathie.

 

From left: Bill Bell, Carmen Elle, Wali Shah, X ARI
De gauche: Bill Bell, Carmen Elle, Wali Shah, X ARI 

 

Amanda Rheaume, musicienne

Nous devons en parler. Nous devons partager nos histoires individuelles. Une fois que j’ai commencé à dire aux gens dans ma vie que j’avais des difficultés, j’ai été étonné du nombre de gens qui se sont sentis à l’aise de s’ouvrir et de me parler de leurs propres difficultés reliées à la santé mentale.

Avoir un déséquilibre dans la chimie de son cerveau ou vivre avec un traumatisme ou recevoir tout diagnostic relié à la santé mentale ne fait pas de soi une personne moindre ou qui mérite moins d’amour. Je croyais que je n’allais jamais guérir. Je ne voulais plus vivre à un moment donné, car l’idée de vivre le reste de ma vie « malade » était insupportable. Mais en partageant mon vécu, en demandant de l’aide et en comprenant comment mon cerveau et mon corps fonctionnaient, j’ai été capable de dissiper le brouillard et de sortir d’en dessous de la lourde couverture de ma dépression et mon anxiété.

 

Florence K, musicienne/porte-parole en santé mentale

Beaucoup de gens souffrent encore en silence, soit parce que leur condition ne leur permet pas d’en être conscients, ou parce qu’ils n’ont pas les mots pour en parler, parce qu’ils ont honte ou parce qu’ils ont peur de la réaction des autres, ou simplement parce qu’ils ne savent pas vers qui se tourner et où demander de l’aide.

Beaucoup de gens se sont fait dire ou en sont venus à la conclusion erronée que la maladie mentale est un signe de « faiblesse », d’autovictimisation ou une « façon d’attirer l’attention ». Cela doit changer. C’est loin de la vérité, et ça en empêche beaucoup de demander de l’aide ou de s’ouvrir quand ils ne vont pas bien.

 

Dan Tait, musicien

Nous devons comprendre qu’absolument tout le monde est susceptible de vivre des problèmes de santé mentale, et que sans entretien approprié de ces structures importantes, nous pourrions tous sombrer dans un endroit très douloureux. Si vous vous inquiétez pour un ami ou une collègue de travail, demandez-lui — et tendez-lui la main. C’est presque impossible de demander de l’aide dans les profondeurs de la dépression… Mais si quelqu’un vous tend la main avec sincérité et précaution, cela pourrait faire une énorme différence dans la vie de ces deux individus.

 

Bill Bell, musicien

L’essentiel, c’est l’amour. Parler avec quelqu’un. Partager son histoire. Il y a de la force dans la vulnérabilité et une puissance dans votre histoire. Vous êtes un survivant, soyez-en fier.

 

From left: Amanda Rheaume, Florence K, Dan Tait, Mike Schwartz
De gauche: Amanda Rheaume, Florence K, Dan Tait, Mike Schwartz

 

Il est incroyablement important pour ceux qui font l’expérience de problèmes de santé mentale de savoir qu’il y a quelqu’un vers qui ils peuvent se tourner. Unison a aidé plus de 500 individus et leurs familles à recevoir de l’aide lorsqu’ils vivaient des difficultés. Alors que nous poursuivons la conversation, plus de gens commencent à demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin, et la demande continue de grandir.

Afin de nous assurer que de l’aide soit promptement disponible pour tous les professionnels de l’industrie musicale canadienne, nous avons besoin du soutien des amateurs de musique et de notre communauté. Grâce à vos dons, les personnes travaillant en musique qui traversent une crise peuvent compter sur quelqu’un à qui parler, et quelque part où avoir accès à des ressources.

Faites un don aujourd’hui pour investir dans la santé et la résilience de la communauté musicale canadienne.

Le Fonds de bienfaisance Unison fournit un service de conseil aux créateurs de musique canadiens ayant besoin d’aide. Inscrivez-vous avec Unison et appelez au 1-855-9UNISON pour avoir accès au service de conseil. Pour plus d’informations à propos de l’aide fournie, veuillez visiter notre page Services-conseil et solutions de santé.