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Comment l'industrie de la musique peut-elle lutter contre la crise des opioïdes

Posted by Cassandra Popescu on August 25, 2019
hand raised up in a concert crowd

Pendant des années, l’industrie musicale a été résumée par la phrase : « sexe, drogue et rock’n’roll ». Mais la valorisation de la dépendance a mis de côté d’importantes conversations à propos de la santé mentale et du nombre croissant de surdoses. Ce mois-ci, la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses vise à mettre en lumière les vérités difficiles, mais nécessaires auxquelles nous devons faire face afin d’aller de l’avant pour la santé de notre communauté.

 

Nous avons parlé avec l’équipe d’Over The Bridge, une organisation qui sensibilise et fait de la prévention en matière de surdoses au sein de l’industrie musicale, afin d’en apprendre plus. En tant que professionnel de l’industrie musicale, il est probable qu’on se retrouve dans des espaces où nos pairs ou nos fans font une surdose. C’est notre responsabilité d’approcher ces situations avec les connaissances requises, de la compassion et de la compréhension. Lisez la suite pour découvrir l’histoire de la crise des opioïdes et comment une formation peut sauver une vie.

 

Pourquoi le taux de surdose d’opioïdes continue-t-il de croître?

Ce n’est pas un secret que les drogues ont une place dans l’industrie musicale depuis des décennies. Les vies de rock stars célèbres telles que Janis Joplin, Sid Vicious (Sex Pistols) et Phil Lynott (Thin Lizzy) se sont toutes terminées par une surdose d’opioïdes. Plus récemment, nous avons perdu Prince, Tom Petty et Mac Miller. Malgré le fait que la majorité de l’usage de drogues récréatives est en déclin au Canada depuis 40 ans, incluant les opioïdes (les métamphétamines sont une exception notable), les morts reliées aux opioïdes continuent de se multiplier. Le problème avec les opioïdes au cours des 20 dernières années est principalement relié à deux drogues : l’OxyContin et le Fentanyl.

 

L’OxyContin était décrit (par certains médecins, rien de moins) comme une solution de rechange sécuritaire aux autres opioïdes, avec peu de potentiel de dépendance. Cela s’est avéré être un mensonge. Un gros mensonge. CHAQUE opioïde a un réel potentiel de dépendance. Cela a mené à une prescription excessive de ce médicament, et des milliers de personnes ne se doutant de rien sont devenues dépendantes à l’OxyContin. Puis il a été retiré du marché et remplacé par une version de la pilule qui n’était pas aussi facile à sniffer ou à s’injecter, sans plan pour gérer la dépendance qui avait été créée. Cela a poussé beaucoup de gens à consommer de l’héroïne de rue. C’est l’histoire numéro 1.

 

Le Fentanyl est une histoire un peu différente, mais reliée. Il n’a pas été poussé aussi intensément que l’OxyContin par les compagnies pharmaceutiques. Par contre, le Fentanyl est beaucoup, BEAUCOUP plus fort que l’OxyContin ou la morphine. Des variations synthétiques très peu dispendieuses sont apparues (pas de niveau pharmaceutique). Lorsque quelques grains suffisent à tuer — fabriqués par des gens qui ne sont pas de bons chimistes —, c’est une recette pour la catastrophe.

 

Comment les membres de l’industrie musicale peuvent-ils aider à combattre la crise des opioïdes au Canada?

 

L’industrie musicale a le pouvoir de créer une culture, de sensibiliser les gens et de promouvoir le changement interne. Si nous exploitons cette force, nous pouvons aussi avoir un impact positif sur les choix que les fans de musique font. Nous pouvons utiliser les médias sociaux pour attirer l’attention non seulement sur la crise des opioïdes, mais aussi sur ce que chaque personne peut faire pour la surmonter.

Chaque jour, des milliers de membres de l’industrie musicale travaillent comme musiciens, techniciens, agents de sécurité, barmans, préposés à la porte/aux billets, et promoteurs, dans le cadre de centaines de concerts à travers l’Amérique du Nord, interagissant avec des centaines ou des milliers de spectateurs par événement. Nous avons la responsabilité sociale de prendre quelques minutes pour apprendre comment sauver une vie si une surdose d’opioïdes survient à notre événement ou dans notre salle.

 

Que pouvons-nous faire?

Soutenir les efforts de réductions des risques. Il est prouvé que cela sauve des vies et minimise les dommages. Soutenir les sites de Services de consommation et de traitement (SCT). Suivre une formation sur la distribution de Naloxone — un traitement qui sauve des vies lors de surdoses d’opioïdes. Des kits et de la formation sont disponibles dans la plupart des régions du Canada gratuitement (en ce moment, du moins). Visitez www.GetNaloxone.ca.

 

Les problèmes de santé mentale et le sentiment d’être déconnecté ou de ne pas avoir de soutien sont d’énormes facteurs contribuant à la dépendance et aux morts par surdose. Over The Bridge organise un groupe de soutien des pairs via Facebook pour les membres de l’industrie musicale qui veulent connecter les uns avec les autres et obtenir du soutien en matière de santé mentale et de dépendance. Visitez www.OverTheBridge.org.

 

De plus, le service de conseil et les solutions en santé d’Unison connectent les membres de notre communauté musicale avec des professionnels certifiés gratuitement. Les professionnels de l’industrie musicale canadienne peuvent s’inscrire avec Unison et appeler au 1-855-9UNISON pour recevoir de l’aide en ce qui a trait aux défis entourant la santé mentale, afin que personne n’ait à se sentir seul.

 

 

À propos Faisal Khawaja 

Faisal Khawaja est un pharmacien communautaire et le directeur des opérations chez Marchese Health Care. Il a plus de 25 ans d’expérience dans de nombreux domaines, incluant le diabète, la gestion de la douleur, la santé mentale et la dépendance. Il est éducateur certifié en diabète, et le pharmacien des soins palliatifs de deux hospices de la ville d’Hamilton. Au fil des ans, il a donné des conférences sur de nombreux sujets. Récemment, il a dévoué beaucoup de son temps à sensibiliser le public à l’épidémie de surdose d’opioïdes et à fournir une formation à des centaines de personnes dans différentes communautés de l’Ontario.